L'autre jour, je parlais d'un extrait bien connu de la Bible, où Ève croque la pomme en compagnie d'Adam.
En fait, il ne s'agît absolument pas d'une pomme, mais (je cite), des fruits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et Êve et Adam ne s'appellent pas encore comme ça, mais « le glebeux » et « la femme ».
Or, donc, sitôt croqué les fruits, ils se fringuent en vitesse parce qu'ils ont conscience de leur nudité, et l'homme se cache de la vue de Dieu (Elohim) parce qu'il a les foies d'avoir commis une grosse bourde.
Pour moi, la grosse bourde n'est pas d'avoir croqué les fruits : ils sont bons à manger et on n'en meurt pas. Non, la grosse bourde est la honte face à leur nudité et la peur de l'arbitre.
Remarquez que la sanction tombe tout de suite : Dieu informe le glebeux qu'il est mortel et le pied-au-cul-te immédiatement de l'état de nature sans autre forme de procès. Le glebeux donne illico un nom à la femme (Hava-vivante), ce qui dénote un manque de tact, parce que la moindre des choses quand on se réveille d'une cuite est de demander à la fille qu'on trouve dans le plumard « excuse-moi, mais je suis infoutu de me rappeler ton prénom » après lui avoir lancé « bonjour, toi », et de ne surtout pas se rhabiller en vitesse.
Tout ça pour dire que la connaissance du bien et du mal est quelque-chose d'assez hypothétique, et que la notion de bien et de mal varie selon le lieu et l'époque : vous n'obéissez pas à votre discernement du bien et du mal mais à ce que l'on vous en dit.
L'idéal serait bien sur de retourner à l'état de nature sans trop se préoccuper de ce qui est bien ou mal, ce qui suppose de mettre son poing dans la figure sans autre forme de procès de quiconque se pose en arbitre de ce que vous faites sans que vous le lui ayez demandé, en lui disant que vous n'avez rien à faire des âneries qu'il décrète et que s'il se prend pour un dieu il peut toujours aller se rhabiller.
Non mais !