Je ne sais pas si vous avez vu comme moi le reportage de ce soir sur Arte (il est 2010-07-30 21:14 UTC).
Je ne sais pas non plus si vous connaissiez déjà le film, celui dont je pique sans vergogne le titre pour vous dire mon inquiétude ; ou encore s'il existe en bouquin ou tout autre media. Il traite de l'eugénisme, Un engénisme qui ferait de tout homme naturel un paria.
C'est déjà pratiqué, d'ailleurs : on vous demande parfois si vous voulez garder le malade qui pousse dans votre ventre après l'amniosynthèse.
En Inde, ou dans certains pays à mariage doté, le malade a souvent un second chromosome X. Partout ailleurs on zigouille de potentiels Hawkins à tour de bras, et bientôt on passera aux Petrucciani.
La seule chose qui peut me rassurer, c'est qu'Huma Thurman y jette le vrai cheveu du héros, Vincent, celui qui est né de manière naturelle, celui qui n'a pas été trié, en premier. Et que « Vincent » fait de même lorsqu'elle lui dit la faiblesse de son corps à elle. Ils s'aiment, ils ne s'analysent pas.
Toujours est-il que ce soir ce n'est plus ni film, mais folie collective
: hic et nunc on nous promet la thérapie génique. Pas en vue de soigner, mais dans le but d'améliorer la performance, et le dopage génique.
Il se trouve même un imbécile qui n'en a pas la frousse et se coiffe du
bonnet de savant pour nous dire que le monde a besoin de
performances.
Le dangereux con .
Moi j'en suis gros jean comme devant : comment accepter qu'on modifie son corps, moi qui déjà compose tant bien que mal avec les thérapies pour garder mon âme.
Au fou qui se prétend savant, moi, je lui crache à la gueule. Je crache sur le con dangereux, l'imbécile télévisé qui présente sa vérité comme universelle, alors que le sujet est déjà traité depuis le départ : nous sommes univers de différences, et c'est la seule chose qui nous fait ressembler les uns aux autres.
La suite logique de ce qu'on nous promet, ce ne sont plus des modifications par rétrovirus et autres, c'est bien le tri.
Alors je veux bien qu'à celui qui doit crever à vingt cinq ans, on donne
de quoi la changer, de quoi redonner une chance à l'enfant aux dés pipés
sans faces autres que zéro. Mais je ne veux pas qu'on m'emmerde quand je
serai vieux ou malade. La déchéance
naturelle, c'est mon programme.
Et le pipi dans le bocal, il ne faudra l'utiliser que pour en détecter les modifications interdites.
J'espère bien que ce programme est aussi le vôtre.