Voir aussi : Hadopi et « PUR »
de la carence des éditeurs ;
des erreurs de la loi sur les droits d'auteur et droits voisins et du paquet de lois sur l'économie numérique ;
de la conservation, la restauration et la numérisation du patrimoine du livre et de l'audiovisuel.
Orléans, 28 novembre 2010 (lettre révisée pour les besoins de la publication)
À l'heure où je reprends encore ces lignes, le sujet de la numérisation et la diffusion des œuvres multiples est d'autant plus brulant que le géant Google a conclu la numérisation du fonds des livres épuisés du groupe Hachette, que son contrat pour la numérisation du fonds de la bibliothèque de Toulouse (livres anciens, donc du domaine public) est mis devant les tribunaux, et que la BNF va utiliser le moteur de recherche de la firme Microsoft (Bing!) pour l'indexation de son fonds numérisé.
Il y a donc danger, non seulement de captation des oeuvres actuelles par un nombre extrèmement limité d'acteurs, mais aussi des oeuvres tombées dans le domaine public.
Je ne saurais dire si je suis cultivé mais j'aime lire, écouter de la musique, regarder des films — maintenant à la maison grâce à mon lecteur DVD, car les écrans et le bruit actuel des salles de cinéma, pardon, des grands complexes me fait fuir : je n'aime pas me retrouver dans l'arène avec les lions, mais préfère m'impliquer dans l'histoire en tant que spectateur (ce qui me fait des vacances).
Ma médiathèque personnelle doit compter 250 livres, de 1300 à 1500 bandes dessinées, environ 250 CD audio et 250 DVD, et une vingtaine de cassettes audio préenregistrées de type Philips.
Ici, j'entends vous parler de l'inconséquence des lois, et en particulier de celles ayant trait à différents aspects de la LEN (Loi sur l'Économie Numérique), et de celle sur les droits d'auteurs et droits voisins (DAVDSI).
En effet, plutôt que de s'intéresser aux moyens de diffusion et de conservation des œuvres multiples, quel qu'en soit les media et supports, elles ont concentré l'effort sur la protection du droit d'auteur et la copie illégale, encourageant notamment l'emploi des DRM (Direct Right Management : dispositifs automatiques de protection numérique des droits) pour la diffusion numérique, et faisant feu de tout bois sur le bout de la chaîne : le cochon de payant.
Je ne tomberai pas dans le pamphlet, mais ce qui suit tient tout de même du brulôt.
Il semble que les dispositifs de gestion numérique des droits (DRM) soient en passe d'être abandonnés par les sites de téléchargement légaux de musique, et là, je suis d'accord avec vous, c'est quand-même beaucoup plus pratique pour entendre Brel chanter qu'il veut aller voir Vesoul (c.f. questions au gouvernement du 2 novembre 2010, réponse de M. Frédéric Miterrand, reconduit dans ses fonctions à ce jour, c'est à dire vous-même si jamais ces lignes vous sont parvenues).
Moi, je suis un cochon de payant, et je n'ai pas cherché à voir Vesoul, mais Le prix du danger. Le film.
Le recueil de nouvelles, je viens de me rendre compte après deux à trois heures de recherches infructueuses dans ma bibliothèque que j'ai du le prêter, et que comme d'habitude il ne m'est pas revenu.
J'ai donc racheté sur l'heure le dernier disponible en occasion à prix d'or (près de 40€ pour un poche, car classé très rare !) chez un sous-vendeur de la FNAC (l'entreprise loue son espace virtuel à l'instar d'autres sites marchands).
Quant au film, je n'ai pas encore pu trouver le moyen de le visionner sous quelque forme que ce soit[1], ce qui m'a permis de constater le réel danger des DRM (dispositifs de gestion électronique des droits). Mais j'ai un souvenir très net d'une diffusion télévisée, sans doute lors des films-débats des mardis ou mercredis de mon enfance (enfin, adolescence, le film datant de 1983).
Ces dernières années, tant dans la diffusion musicale que cinématographique, on a ciblé les jeunes poules avec de la daube à prix d'or (la daube c'est vite fait et on peut allonger la sauce), « or » principalement dépensé en publicité, parce qu'on voyait leur pouvoir d'achat grimper en flèche.
De fait, les jeunes poules aux oeufs d'or se sont rebiffées dès qu'elles en ont eu l'occasion : maintenant elles préfèrent récompenser directement les artistes, vont aux concerts et piratent les disques — ce qu'on faisait déjà des plus innocemment du temps de la cassette Philips, pour courir acheter le disque qui plaisait vraiment dans les montages improbables des petites bandes sous coque rectangulaire fournies par les amis.
Certes, il y a là un manque à gagner, mais la circulation des œuvres existe de tous temps, et les moines copistes étaient là avant l'imprimerie.
Et on se déplaçait parfois pour consulter l'original.
Les jeunes poules se sont tellement rebiffées qu'elles préfèrent aujourd'hui voir leurs films sous forme de scream — pardon, screens — d'une qualité cauchemardesque : une VHS d'occasion après soixante passages en location était dix fois meilleure.
La jeunesse télécharge des MP3 (de préférence illégalement parce que c'est plus fun, alors qu'il existe de la musique libre) plutôt qu'acheter des CDs.
L'algorithme brèveté de l'institut FraunHoffer (alors même que l'algorithme mathématique ne peut être brèveté en Europe, car il s'agit d'une idée qu'on découvre et non d'un procédé que l'on met au point, mais la CEE a trouvé le truchement de l'effet technique pour légaliser ce qui est illégal — sans compter les brevets sur le vivant, où là on tient le pompon avec les kilochiées de brevets sur des tranches de génôme avant même qu'on sache à quoi elles servent. Le brevet sur le vivant est illégal), quand on a l'oreille un temps soit peu sensible, c'est de la bouillie de son pourri qu'on n'oserait pas donner aux poules.
La poule aux œufs d'or, on l'a étranglée en la gavant de daube diluée provenant du veau d'or.
Le problème est que le veau d'or que constitue l'ensemble des œuvres multiples, les tenants de leur droit d'auteur n'en ont strictement rien à faire.
Je ne parle pas des auteurs, compositeurs ou interprètes, mais des diffuseurs et des éditeurs (remarquez que les héritiers sont prêts à brader n'importe-quoi, y-compris l'image du défunt à destination de publicité).
Parce que dès l'effet d'annonce à grands renforts de publicité passé, les éditeurs soldent puis pilonnent, jusqu'au prochain galop d'essai si la conjoncture semble favorable.
Où bien maintenant s'accordent avec Google pour numériser l'épuisement (groupe Hachette). J'ignore à cette heure si les copies numérisées de livres seront elles aussi victimes des DRM.
Il y a heureusement de bonnes surprises, comme la réédition des films de Jacques Tati(cheff), dont les droits ont fini par être rachetés par une comique française qui semble avoir un véritable goût pour l'art (moi aussi je suis un comique, vu le machin que je suis en train de vous servir).
Tati, lui, a du vendre l'ensemble de ses droits pour une bouchée de pain suite à la catastrophe financière de "Play Time".
"Play Time", je l'ai acheté flambant neuf pas plus tard que la semaine dernière (c'est-à-dire il y a trois bons mois à l'heure où je reprends ces lignes, et je n'ai pas trouvé « Mon Oncle » dans les bacs cette semaine, alors que j'aurais aimé qu'il fût le cadeau de Noël offert par ma tante, à qui maintenant je suis bien en peine de fournir une idée) à la FNAC (qu'on appellera dans la suite « le quadrigramme suscité »), pour un prix qui vous ferait vous étrangler tant l'histoire de Tati est une tragédie.
Je n'ai pas protesté, et réglé rubis sur l'ongle : Il faut bien payer la restauration et le transfert numériques, et la conservation et le suivi de la diffusion des œuvres me sont importantes au plus haut degré.
Passons sur l'histoire tragique de Tati et la résurrection en cours et à durée limitée de son oeuvre : j'en viens au veau d'or que ses propriétaires dédaignent.
Si je me suis rendu a l'échoppe sur deux étages et mille cinq cents mètres carrés du quadrigramme, c'est que j'étais confronté à un problème d'approvisionnement — si je puis barioler l'expression : il m'était impossible de mettre la main sur un DVD soi-disant paru en 2005, et je venais demander directement au vendeur de ce qui se fait de plus gros comme magasin s'il n'y avait pas par hasard de rubrique épuisés, comme celle des livres (rubrique grâce à laquelle j'ai pu me procurer un livre particulièrement humoristique de Pierre Louïs qu'on cache aux petits enfants dans la catégorie des livres érotiques, alors qu'il ne ferait pas rougir une gamine de quinze ans, vu que l'ouvrage est particulièrement destiné a leur procurer de petites phrases à se chuchoter entre amies en rigolant comme des baleines (pour les crétins, lire L'obscénité et la loi de réflexion d'Henry Miller avant de venir me faire chier avec des conneries). C'est encore un de ces bouquins ne m'étant jamais revenu, parce que les livres on peut les prêter, et j'ai eu beaucoup de chance d'en retrouver un exemplaire).
Le film est tiré d'une œuvre visionnaire quoiqu'un peu courte datant de 1958, et réalisé par un auteur français des plus connus et controversés (Yves Boisset). Sa distribution est des plus extraordinaires (Piccoli, Kremer, Lanvin, Pisier...).
Il date de 1983 et décrit la montée et dérive de la télé-réalité qui nous pourrit la télévision et l'esprit de nos chères têtes de bois ces dernières années de violence gratuite, d'argent facile, de sexualité sans sentiment, et de vie faite d'expédients montrés comme l'exemple du bonheur assuré — James Dean avait au moins la décence de ne pas paraître vraiment heureux et même de mourir a la fin... (décidément il faut que je relise L'Obscénité et...).
Le titre en est « Le prix du danger ». La réponse du vendeur fut la suivante : l'édition, la réédition et la diffusion d'un DVD ne prend pas comme facteur la qualité intrinsèque de l'œuvre, mais la disponibilité des droits, l'intérêt économique, et le succès commercial immédiat attendu... tentez votre chance en occasion, mais selon la loi de l'offre et de la demande, vous risquez de le payer à prix d'or.
Je ne sais pas si je trouverai jamais l'objet à prix d'or, vu qu'il est inconnu des sites marchands et de vente aux enchères. Et pour cause : le DVD en question n'existe pas, correspondant en fait à un autre film du même titre. le prix du danger , le vrai, n'a jamais été édité en DVD.
Je me suis rabbattu sur Running Man, que je me suis procuré par le truchement d'un sous-vendeur du catalogue Internet de l'enseigne au quadrigramme, qui doit bien prendre sa commission au passage.
Ce doit être une édition Belge, le son en est décalé et la qualité équivalente à ce qui se faisait de pire du temps de la cassette VHS. En plus c'est du bon gros cinéma américain de seconde zone, adapté du plagiat (admis en cassation) à gros bras fait par Stephen King (cf cette page, qui ne signait pas de ce nom a l'époque et utilisait un pseudo a la Vernon Sullivan mais sans le talent : Richard Bachman.
Chwarzy a heureusement tourné dans de meilleurs films de science-fiction que celui-ci, et le scénariste principal aurait du épauler sa synonyme pour qu'elle fasse sa valise en carton et aide sa collègue chanteuse a rédiger son livre à propos des bains de siège plutôt qu'essayer de faire du cinoche.
J'ai fini cependant par trouver un endroit virtuel, au milieu des moteurs de recherche parmis les copies illégales (p.ex. en tapant le titre sur google et sélectionnant le choix torrent en bas de page), où il est possible de le télécharger légalement pour une durée et un nombre de visionnages non limités, et un montant de 7,99e (soit un peu plus cher qu'un DVD en promotion avant passage au pilon) : gloria, comme on dirait à la messe (enfin, je crois).
Inutile de rechercher le visionnage à durée illimitée de ce film : il n'est plus disponible qu'en location VOD , mais le résultat en est le même : le site en interdit le téléchargement si l'on n'est pas sous M$ XP ou autre version de l'os à la con (ici, os signifie operating system).
Moi qui croyais mon errance terminée. Que nenni, la loi LEN a fait son œuvre, et parmis les nombreux amendements, a passé à la trappe un amendement important : la compatibilité des dispositifs dits de gestion et protection numérique des droits, ou DRM.
Cet amendement prévoyait que les algorithmes et méthodes utilisés devaient être fournis gratuitement sur simple demande aux développeurs de logiciels, et notamment de logiciels libres, afin qu'ils puissent les mettre en place sur n'importe quel programme ou système d'exploitation.
Je ne sais pas ce qui c'est passé dans l'hémicycle, mais les lobbies des éditeurs de logiciels et des éditeurs de musique et de cinéma ont réalisé leur œuvre : l'amendement est passé à la trappe.
Alors qu'une simple clef personnelle associée à un dispositif de signature suffirait à prouver l'authenticité de l'achat, on a non seulement autorisé le chiffrement par DRM qui ne sert à rien puisqu'un chiffrement se casse (cryptologie), et de plus est nuisible à l'acheteur qui ne peut visionner, écouter ou lire que sur l'engin électronique X ou Y d'une durée de vie de trois à cinq ans une œuvre dont il a acheté les droits d'utilisation et de reproduction dans le cadre du cercle de famille sans limitation de durée.
Parce que la reproduction à l'infini ne peut légalement être interdite tant qu'on ne sort pas du cercle familial sous un même toît et qu'il n'y a pas diffusion en public, et que les avertissements à la noix qu'on nous sert de force sur chaque DVD après les bandes annonces qu'on n'a pas du tout envie de voir, pour employer une expression colorée, c'est de la merde en barre , et ne font qu'inciter au comportement contraire.
En plus, les DVD eux-même ne sont pas protégés contre la copie, mais contre le visionnage (le monde est découpé en n zones, et si vous achetez par exemple aux Etats-Unis ou dans une enclave américaine, vous n'avez plus qu'à chercher un lecteur ne traitant pas le zonage (de préférence Coréen, parce que les grandes marques européennes ne vous laissent pas le choix) ou bien un lecteur logiciel comme VLC équipé de DeCSS, qui permet de lire les DVD sous Linux. DeCSS est interdit aux US, et l'adolescent qui a cassé l'algorithme a l'origine de cette bibliothèque de fonctions a été emprisonné en dépit des lois de son pays autorisant l'ingénierie inverse aux fins de compatibilité. Au contraire du disque, vous ne pouvez profiter des imports (import d'ailleurs souvent interdit par la licence que la société machin concède à l'acheteur).
Il est également possible de louer un téléchargement de ce film sur le site de l'enseigne au quadrigramme, avec les mêmes déboires de protection numérique. Je ne vois pas très bien l'intérêt de mettre en location une ressource qui n'est pas limitée, puisque sa copie maître n'est pas physiquement immobilisée par l'acheteur de la ressource. De plus, la FNAC ne le propose pas à la vente, et un test sur un autre film à la vente donne la même réponse : les DRM MICROSOFT sont indispensables et ne sont pas disponibles sur les systèmes autres que Microsoft Windows, et encore de telle et telle version, et « les propriétaires des droits nous obligent à mettre en place les DRM » (sic).
Moi, je n'utilise pas Windows(R) ou MacOs(R) — le dernier ne fournissant pas non plus les DRM demandés par le site de téléchargement légal machin, mais un système entièrement libre nommé Debian GNU/Linux dont je peux faire exactement ce que je veux qu'il fasse, sauf bien entendu traiter les DRM Microsoft.
Si j'utilise un système libre, ce n'est pas par volonté d'économie : le machin de Microsoft m'a bousillé six mois de travail et ses trois sauvegardes pas plus tard qu'en 1998 (je n'ai jamais retrouvé la force de cataloguer ma bibliothèque), et j'éjecte depuis le plus vite possible de mes ordinateurs toute saloperie qu'on me vend de force avec, vu qu'il n'est même plus possible d'acheter sans, par le fait du détournement de la loi interdisant la vente jointe.
Vous trouverez jointes les deux captures d'écran faisant foi du résultat de la loi LEN sur un système libre qui n'a pas besoin d'antivirus, lui.
J'espère qu'à leur vue, vous conviendrez de vous-même qu'il y a matière a rediscuter certains amendements du paquet LEN.
De même qu'il y aurait a discuter de la création d'un organisme d'état adossé a l'INA et la BNF pour la conservation, la sauvegarde, la numérisation et la diffusion des œuvres multiples, puisqu'il y a carence manifeste des éditeurs.
Ce qui permettrait à l'état de dégager des subsides, l'état qui croule sous les dettes et dépense des sommes folles en programmes et systèmes d'exploitation, alors qu'il existe quelque chose de beaucoup moins instable, quasi insensible aux virus et ne coutant pas un Kopek : Je n'ai jamais vu une Debian GNU/Linux me claquer entre les doigts.
La Gendarmerie Nationale a compris et va basculer l'ensemble de son
parc informatique sous un dérivé commercial de Debian nommé Ubuntu (Ubuntu est
de moindre qualité mais offre un support payant).
Quant à Bercy, le
basculement sous Linux date de son propre édit promulgant l'utilisation de
systèmes libres obligatoire dans tous les ministères.
Si j'ai parlé des logiciels libres, et des sous pour l'état, c'est parce que le prochain veau d'or qu'on s'apprète a mettre en pièces au prix du gros, c'est le domaine public.
Comme par exemple le fonds de la bibliothèque de Toulouse, objet d'un contrat d'exclusivité de vingt ans avec le géant goût-gueule pour sa diffusion numérique, en échange de la numérisation.
Ou bien, à l'heure ou je corrige ces lignes, l'indexation par Microsoft du fonds numérisé de la BNF (vu dans l'édition électronique du journal Le Monde. L'article veau son pesant d'or : on dirait une publi-rédaction).
Là, il y a un os dans le brouet : Alors qu'il existe des logiciels
libres fournis pour un zéro franc de monnaie comme "ocrad" ou "gocr" pour
l'imprimerie moderne, d'autres pour l'écriture manuelle
(http://en.wikipedia.org/wiki/Optical_mark_recognition), ou encore d'autres que
je n'arrive pas à retrouver parmis les vingt cinq à trente mille entrées
d'installation de logicels de ma distribution Debian offerte à qui veut bien la
prendre en mains en lisant des manuels accessibles a un poulet en des dizaines
de langues, y-compris nos langues régionales comme le Catalan — le
français y est en tête selon http://www.debian.org/intl/l10n/po/rank, enfin
pour la musique des recherches de premier plan ont mené à la formalisation en
langage à balises (XML) (logiciel Audiveris), et il existe des
recherches universitaires montrant l'intérêt de certains algorithmes simples
pour ce qui concerne la musique ancienne ;
Alors que nous disposons de fonds extroardinaires qui pourraient être
diffusés sur abonnement ou à la pièce au public avec le moyen simple et peu
onéreux que constitue Internet (pour exemple, un nom de domaine .fr, .com ou
.org coûte entre 6 et 12€ chez Gandi.net -- par an, et il faut compter pour
l'hébergement d'un serveur virtuel 12€ par mois, une bande passante de 5Mo/s
et 8 Giga-octets d'espace dique (environ deux films) encore une fois pour 12
petits euro par mois. Un quota supplémentaire de 1Go y est facturé 18 cents.
Prix hors taxes...).
Alors que des miliers de simples lecteurs sans travail, d'étudiants et de
chercheurs seraient prets à travailler pour l'état et les bibliothèques, et que
les priorités courantes concernent plutôt le papier vingtième qui est en passe
d'autodestruction et que l'on a déjà perdu les films sur celluloïd ;
On va confier notre domaine public à des multinationales, qui vont payer
ces personnes une bouchée de pain moisi pour effectuer le même travail, et
s'attribuer de-facto les droits de reproduction et diffusion qui devraient
revenir a l'État afin de sauvegarder ce qui peut encore l'être et transformer
par la même occasion jeunes et vieux, chômeurs et pirates, en chevaliers des
arts et de l'information.
D'autant que les dites sociétés se contentent de payer leur raccordement aux backbones (nœuds centraux) d'Internet, alors que des plateformes de téléchargement appartenant a l'état ou aux collectivités locales pourraient dégager une partie des bénéfices (après reversement des parts de droits d'auteur aux bénéficiaires réels et provisionnement des frais de maintenance) à la mise en place du haut débit par fibre optique.
Pour mémoire, beaucoup de communautés urbaines reviennent à une auto-gestion des fournitures hydrauliques (en tous cas pour l'eau et l'assainissement) devant le renchérissement des services des sociétés privées, maintenant qu'il faut procéder au renouvellement des réseaux en fin de vie.
Je ne sais pas quels députés, sénateurs, recteurs d'universités ou gérants de bibliothèques vont toucher leurs trente deniers. Quant à moi, je me demande si je ne vais me décider à télécharger le film LE PRIX DU DANGER de manière tout ce qu'il y a de e plus illégale, vu qu'on me met les bâtons dans mes jambes d'honnête citoyen qui les a peut être un peu courtes, les deux pieds pas forcément toujours par terre, mais qui en a ras le bérêt.
Je serais même tenté de jouer la reine rouge, et de couper la tête [3] aux éditeurs et diffuseurs en taillant dans leurs publicité et avertissements contre la copie de façon à en faire quelque chose de beaucoup plus amusant, surtout pour les jeunes filles.
Et je ne prendrai pas mon billet pour Tranaï [1].
Veuillez agréer, monsieur le ministre, mes plus respectueuses salutations.
[1] Robert Shekley, Le prix du danger, J'ai Lu SF n°1474 (Chez les bouquinistes...)
[2] Richard Bachman, Running Man, (ou de Stephen King selon la date de réédition.)
[3] Alice in Wonderland, dans sa continuité cinématographique dirigée par Tim Burton.
[4] Farenheit 451, Roman de Ray Bradbury / Denoël coll. présence du futur N°8 dont les pages de mon exemplaire commencent à jaunir, et magnifique adaptation au cinéma par François Truffault (DVD Universal réf : 820 147 8 . 11 -- Master d'excellente qualité datant de 2003, dont il doit rester encore de rares exemplaires disponibles chez RareWaves, que j'ai reçu pas plus tard qu'il y a trois mois). Je vous le mets pour la bonne bouche (d'incendie).
1) en fait, j'ai fini par le trouver en VHS d'occasion, accompagné de son transfert sur DVD