La vie de chacun est en permanence un dé à quatre facettes dont on ne peut faire le tour : avec un peu de chances on peut voir deux des surfaces, et si l'on s'en approche trop l'on ne peut distinguer qu'une, ou un segment.
Le sommet et la base constituent de fait une division par zéro, et la face inaccessible le reste de l'inconnue.
Si vous ne lancez pas le dé assez vite, quelqu'un le fait pour vous.
Hitler, Pol-Pot, Staline et Napoléon étaient des amateurs : les quatre plus grands monstres de l'humanité que je connaisse sont Dieu, Bergson, Freud et moi-même. Bergson a tenté de transformer le rire en un leitmotiv mécanique d'alcoolique en plein délire, Freud a ramené l'humain au désir du parent de l'autre sexe et n'a jamais guéri lui-même, Dieu a créé on ne sait quoi et envoyé un gugusse en holocauste pour qu'il dise de s'aimer les uns les autres et de bien lire le foutu manuel, et moi.
Cependant deux des faces me sont à-peu-près inconnues : l'une est créateur d'univers, et l'autre créature d'univers, mais de l'une ou de l'autre je suis laquelle, je ne peux penser que « je suis ».
En le regardant assez loin dans le temps et l'espace, l'univers est en son entier à équidistance. De fait, Chacun de mes instants est le centre et le Dirac du mirage d'un univers à un Kelvin qui a suivi immédiatement le zéro.
Quoi que vous divisiez par le Sifr, vous pouvez obtenir n'importe quoi. Je peux répondre n'importe quoi à n'importe quelle question. Par exemple 42 est une réponse qui me satisfait.
Le français ancien est moins guttural que l'arabe ancien, et si le sens des poèmes et des mots se délite dans les temps et le temps présent de chacune par effet de situation, il n'empêche qu'à un poème de cette dernière langue, si l'on veut éviter d'en perdre tout à fait le sens, il vaut mieux éviter d'en ôter les voyelles : mgnz c q çl prrt dnnr n frnçs
L'homme est un affamé, un distrait qui ne regarde jamais où il pose ses pieds et un glouton, tandis que la femme a de tous temps eu le sens de l'observation, de jolis seins et l'esprit pratique : je ne vois pas très bien où se trouve le péché à inventer la station debout pour attraper une pomme par le dessous de l'arbre plutôt qu'y grimper et tomber raide mort une fois sur deux.
Un effet pervers de la station debout a réduit l'ouverture de son bassin, mais on n'y peut plus grand-chose, à part prendre plaisir à se voir l'un et l'autre de face en certaines situations.
Une faiblesse génétique a entraîné une atrophie des muscles de la mâchoire et ainsi permis l'intelligence et la parole à l'humanité. Il faudrait peut-être commencer à se préoccuper de ce que l'on va faire de l'intelligence, au lieu de dire n'importe quoi à-propos de dieu, l'univers et le reste.
En attendant que la connerie passe, l'humanité n'a qu'à serrer les dents.
La fidélité entre hommes et femmes est mal définie : pour un appareil de mesure, il s'agît de donner un résultat le plus identique possible à chaque mesure de la même chose.
Il est possible de prouver l'impossibilité d'une filiation génétique, mais pas le contraire. Une étude statistique menée en aveugle (pour les cobayes histoire de ne pas créer de conflit) a montré que trente pour cent des ensembles père/enfant persuadés de leur filiation génétique n'avaient pour filiation que l'acquis.
La femme garde toujours le secret de la conception. Lorsqu'il est temps et que cette dernière commence à tarder, elle fait l'amour avec le père qu'elle a choisi avant de visiter deux ou trois géniteurs potentiels qui ne seront jamais au courant de sa grossesse. C'est beaucoup moins traumatisant, plus efficace et moins onéreux que de prendre des paillettes au hasard dans une quelconque réserve cryogénique et se livrer à une opération non naturelle. En prime, elle apprend deux ou trois trucs supplémentaire et ça lui fait des vacances.
Placé dans un contexte quasi exclusivement féminin ou masculin, le mâle voit son taux de testostérone grimper en flèche. L'homme est infidèle par nature, et si on le castre on perd ce qu'il est ou bien il se barre.
La discrétion est une marque d'amour. La véritable discrétion est de ne jamais chercher à savoir tout à fait l'intimité de l'autre, et la véritable marque d'amour est d'oublier tout ce que l'on vous en a dite pour ne garder que ce que veut bien en dire l'autre. En se gardant bien d'en juger ses trauma les plus sordides.